bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans cette quatrième séance du cours magistral d'histoire des idées éducatives étant donné les conditions sanitaires actuelles ce cours magistral a lieu à distance sous la forme de capsules vidéo et non en présentiel avant de présenter le contenu de cette 4e séance de cours je vous rappelle comme je l'ai fait lors des précédents envois que la capsule vidéo que vous regardez est un contenu proposé par l'université et qu'à ce titre elle est soumise au strict respect du droit à l'image et du droit de la propriété intellectuelle il est donc interdit d'enregistrer et ou de diffuser tout ou partie du contenu de ce cours sans le consentement de l'enseignant et de l'université en cas de violation de cette règle une plainte sera déposée ceci étant dit lors de la dernière séance de cours nous avions abordé ensemble la première étape du processus de modernisation de la relation éducative qui émerge à la Renaissance et qui est exprimé dans les œuvres du manisme comme Érasme érable dans cette séance de cours nous allons poursuivre l'étude de ce processus de modernisation du rapport à l'enfance et de la relation éducative en nous intéressant aux oeuvres de Montaigne et de Rousseau qui marque un nouveau tournant dans cette relation entre les oeuvres des humanistes de la première moitié du XVIème siècle que son Érasme érablais et les idées de Montaigne on peut saisir une nette évolution une soixantaine d'années un peu plus d'un demi-siècle sépare Montaigne des races et cette distance ou c'est intervalle temporel correspond au moins à plusieurs égards un passage de l'affirmation à l'interrogation alors que les humanistes comme Erasme érableaient tout faire apprendre à leur élève Montaigne propose de faire davantage raisonner l'enfant sa formule avoir plutôt la tête bien faite que bien pleine qui s'adresse aux conducteur de l'enfant revient constamment dans toute recherche pédagogique depuis 1580 date de première parution des essais mais avant d'entrer dans le détail des idées éducatives de Montaigne arrêtons-nous un instant sur leur hauteur qui est Montaigne Michel et Kim de Montaigne est un auteur majeur de la seconde moitié du 16e siècle il est né en 1533 au château de Montaigne dans le Périgord il fait des études de droit et entre parlement de Bordeaux en 1577 il y fait la connaissance d'Étienne de la Boétie auteur du discours sur la servitude volontaire auquel il rend hommage dans les 7 de l'amitié dans lequel il a cette formule qui est restée célèbre parce que c'était lui parce que c'était moi Montaigne commence en 1572 la rédaction de son œuvre majeure les essais qui seront publiés pour la première fois en 1580 il est élu maire de Bordeaux en 1580 puis en 1583 alors que les guerres de religion déchirent la France ces essais reflètent à plusieurs égards cette période troublée de l'histoire nourrit d'un dialogue constant avec la pensée des auteurs anciens l’œuvre de Montaigne introduit une conception résolument moderne de l'écriture la liberté de style et l'esprit critique y exprime une pensée vivante et non systématique il y a eu trois éditions des Essais de Montaigne une en 1580 une une autre en 1588 et une édition posthume publiée après la mort de Montaigne en 1595 les essais sont rapidement devenus le grand livre de culture des gentils hommes et des gens d'esprit en France et ils ont été diffusés rapidement dans d'autres pays d'Europe ils sont traduits en italien des 1590 et en anglais en 1603 où ils aspi où ils inspirent des auteurs comme Shakespeare ou Francis Bacon les Essais de Montaigne sont organisés en trois livres dans lesquels Montaigne livre ses pensées ces expériences et ses lectures il fait apparaître une réflexion en constante évolution et propose aux lecteurs un miroir pour se connaître lui-même dans les essais on trouve une réflexion importante sur l'éducation et une remise en cause de certaines des idées des humanistes antérieures en effet les humanistes de la Renaissance comme Erasme é Rabelais ont un langage assez catégorique ils sont persuadés que la lecture et la fréquentation des meilleurs auteurs de l'Antiquité est une nécessité et qu'on ne peut rien faire de mieux en matière d'éducation que de les lire et de les travailler dès le plus jeune âge avec l'oeuvre de Montaigne ces affirmations commencent à être interrogées Montaigne se demande si ces idées défendent si ces idées éducatives qui sont défendues par les humanistes sont vraiment les bonnes et il propose une conception originale de l'éducation qui a marqué l'histoire des idées éducatives toutefois chez Montaigne on reste dans un cadre enfin l'éducation proposée par Montaigne s'inscrit toujours dans un cadre relativement aristocratique il s'agit toujours chez Montaigne de l'éducation d'un enfant de maison d'un gentilhomme il ne s'adresse pas à la masse du peuple il ne s'agit pas de former un homme en général ou un homme tout court si vous préférez les deux principaux textes de Montaigne en maternification sur lesquelles nous allons nous arrêter dans le premier temps de cette séance de cours sont les essais 1,25 et 1 26 laisser un 25 est intitulé Du pédantisme et pose la question de savoir pourquoi un plus grand apprentissage des lettres ne rend pas nécessairement plus sage l'essai 1 26 est intitulé de l'institution des enfants et dans cet essai Montaigne développe ses idées personnelles sur l'éducation dans les essais ces deux textes laissaient 1,25 et l'essai 1 26 se suivent à la fois matériellement et intellectuellement pour cette raison nous allons dans cette dans cette séance partir du 1er essai laisser un 25 du pédantisme pour ensuite aborder la manière dont Montaigne conçoit l'éducation dans son essai 1 26 intitulé de l'institution des enfants le problème de départ que pose Montaigne dans son essai 1,25 du pédantisme et le suivant montagne se demande pourquoi dans les comédies se moque-t-on déjà chez les Romains d'émettre des clercs et des docteurs bref des savons si on se moque de ces maîtres et de ses docteurs si on les tourne en ridicule dans les comédies ce n'est pas pour Montaigne par pure malveillance populaire mais c'est surtout parce que ces docteurs et c'est clair ne sont pas les individus les plus sages ces premières considérations qui ouvrent laissaient un 25 amène Montaigne à se poser la question centrale de cet essai comment est-il possible que des individus qui ont étudié longuement et a pris beaucoup de choses n'en soit pas devenu meilleur et plus sage si je reprends les mots de laisser un 25 Montaigne se demande plus précisément comment il a pu je cite advenir qu'une âme riche de la connaissance de tant de choses n'en devienne pas plus vives et plus éveillées et qu'un esprit vulgaire puisse loger en soi sans s'amender les discours et les jugements des plus excellents esprits que le monde est porté j'en suis encore en doute à recevoir tant de cervelle étrangère et si forte et si grande il est nécessaire semble-t-il que la sienne se foule se contraignent et se rapetisse pour faire place aux autres pour répondre à cette question que Montaigne se pose à savoir pourquoi et comment est-il possible que des individus qui ont étudié et appris beaucoup de choses n'en deviennent pas plus sages Montaigne pour répondre à cette question propose plusieurs pistes de réponse dans son essai plusieurs hypothèses Montaigne se demande tout d'abord dans une première hypothèse si cela ne serait pas lié à un trop grand nombre de lectures je cite Montaigne est-ce le trou de lecture doit-on dire que comme les lampes étouvent de trop d'huile l'esprit saisit et embarrassé d'une grande diversité de choses perd le moyen de se démêler à partir d'exemples tirés de l'antiquité de grands capitaines et de grands conseillers très savants Montaigne écarte cette première hypothèse il considère qu'à cette question il faut répondre à priori non notre âme en principe s'élargit d'autant plus qu'elle se remplit et donc a priori plus on apprend de choses plus nous avons de chances de devenir sage et meilleur après avoir rejeté cette première hypothèse Montaigne est amené à en formuler une seconde une deuxième hypothèse il se demande si ce n'est pas parce qu'il y a une différence entre la sagesse et la prudence là encore il rejette cette hypothèse en considérant que l'homme sage est nécessairement un homme prudent il écrit je cite je ne digère pas bien je ne digère pas bien cette différence de mots entre d'un côté la sagesse et de l'autre la prudence et de fait les pédants ne sont ni sages ni prudents Montaigne est ensuite amenée à formuler une troisième hypothèse qui est qui est celle qu'il va retenir dans son texte le problème ou le mal vient non pas de l'éducation mais d'une mauvaise manière d'apprendre et d'étudier d'une mauvaise façon de se prendre science et précisément pour Montaigne cette mauvaise manière d'apprendre et d'étudier et celle qui est utilisée pour éduquer les jeunes gens de bonne famille à son époque il s'agit là en quelque sorte d'une critique de l'éducation humaniste telle qu'elle est dispensée dans les collèges ou du moins si ce n'est pas une critique directe des idées humanistes d'Érasme et de Rabelais c'est une critique de l'éducation humaniste telle qu'elle est devenue enfin telle qu'elle s'est transformée ce qu'il en est à venu dans les pratiques je cite montagne le soin et la dépense de nos pères ne vise qu'à nous meubler la tête de science du jugement et de la vertu peu de nouvelles autre citation nous ne travaillons qu'à remplir la mémoire et laissons l'entendement et la conscience vide nos pédants vont piloter dans les livres et ne la loge qu'au bout de leurs lèvres pour la dégorger et seulement la métropole autre passage nous savons dire si c'est rondit ainsi voilà les mœurs de Platon ce sont les mots même d'Aristote mais nous que disons-nous nous-mêmes que jouons-nous que faisons-nous autant on dirait bien un perroquet pour Montaigne à l'inverse de cette idée l'objectif de l'étude de l'enseignement et de l'éducation et de devenir je cite meilleur ou plus avisé l'objectif devrait être de devenir mieux savant non plus savant dans laisser un 26 montagne dira dans le même sens on veut nous apprendre à bien juger et à bien parler sans nous exercer ni à parler ni à juger on trouve ainsi dans ce texte au travers de l'attaque de Montaigne contre le pédantisme une forme de critique de l'éducation erasmienne de l'éducation des races ou de ces quel état devenu dans les pratiques pour Montaigne l'éducation humaniste ou celle qui est dérivée de l'humanisme de l'humanisme pardon dans des proportions importantes meubles l'âme ou l'esprit remplissent la tête de connaissance mais cette éducation ne parvient pas à faire que cette connaissance soit réellement incorporée par celui qui la prend je cite plusieurs passages du texte un passage en particulier nous prenons en garde les opinions et le savoir d'autrui et puis c'est tout il faut les faire notre pour Montaigne les mots tout seul sans l'expérience sans laisser ne valent rien il faut dire soi-même jugé par soi-même et penser par soi-même Montaigne rejette ainsi ce type d'enseignement il écrit si c'est pour apprendre ainsi dit-il autant faire autre chose si notre âme n'en va un meilleur branle si nous n'en avons le jugement plus sain j'aimerais aussi cher que mon écolier lui passait le temps à jouer à la paume au moins le corps en serait plus à l'aigle si les lettres ne nous apprennent ni à bien penser ni à bien faire le réquisition n'en vaut pas la peine bien entendu pour Montaigne c'est un des passages de cet essai un 25 l'effet de cette éducation dépend des natures et à cet égard Montaigne propose un contre-exemple celui d'Adrien Turner le plus grand homme dans les lettres qui fut il y a 1000 ans si on reprend la citation de Montaigne Adrien Turner qui est un poète et un humaniste qui est devenu en 1547 professeurs de lettres grecque et latine au collège royal qui deviendrate le futur collège de France Montaigne affirme à propos de d'Adrien turnel il n'avait absolument rien de pédantesque que le port de sa robe car au dedans c'était l'âme la plus polie du monde donc cette mauvaise éducation que Montaigne critique l'effet de cette mauvaise éducation elle dépend des natures et certaines natures combien même elles ont été éduquées sous un mauvais régime et bien parviennent quand même assez élevé mais précisément pour Montaigne il ne s'agit là que d'exception qui en raison de leur capacités naturelles ont formé leur jugement en dépit d'une mauvaise éducation ce sont en quelque sorte des exceptions qui confirment la règle or pour Montaigne l'éducation doit permettre de changer les individus en mieux il écrit je cite il ne suffit pas que notre institution notre éducation ne nous gâtent pas il faut qu'elle nous change en mieux se pose alors la question de savoir comment faire comment faire pour que l'éducation et l'enseignement change tant mieux l'individu montagne répond à cette question en disant il faut non pas simplement apprendre et recracher les connaissances mais il faut comprendre juger et apprendre à penser par soi-même il convient donc de se soucier du sens de l'entendement du jugement pour Montaigne et c'est là un point essentiel l'éducation à un objet central c'est le jugement lui-même la grande idée de Montaigne qui a fait date qui va marquer l'histoire des idées éducatives c'est que l'éducation dans la mesure où elle est possible doit essentiellement viser à former le jugement apprendre à penser par soi-même cela implique pour Montaigne s'agissant de l'apprentissage des connaissances deux éléments importants le premier c'est que l'éducation ne doit pas on ne doit plus s'adresser uniquement à la mémoire apprendre par cœur n'est pas réellement savoir c'est simplement si on reprend les mots de montagne gardez quelque chose dans sa mémoire le deuxième élément c'est qu'il y a science et science connaissance et connaissances savoir et savoir il y a la connaissance qui est extérieure au jugement et qui ne sert à rien et il y a la science ou la connaissance qui est culture du jugement et qui elle est la bonne le problème pour Montaigne et donc le suivant comment faire pour réaliser une éducation qui s'adresse aux jugement qui laissait et le manie bref une éducation qui forme le jugement cette idée c'est précisément cette idée puis la méthode et le contenu de cette éducation c'est précisément ce que va chercher à montrer Montaigne dans l'essai inventif c'est précisément à développer la méthode et le contenu de cette éducation du jugement qui est consacrée laissé suivant laisser 1 26 de l'institution des enfants sur lequel nous allons maintenant nous arrêter après avoir dénoncé les enseignements trop abstraits et les inutiles bourrages de crâne dans l'essai 1,25 du pédantisme Montaigne dans l'essai suivant dans l'essai 1 26 intitulé de l'institution des enfants montagne adresse une lettre à une de ses amis Diane de foi comtesse de Gurson qui sera bientôt mère dans ce texte Montaigne expose ses vues sur la manière d'élever un enfant unique et de bonne noblesse et là vous voyez que même s'il y a une distance importante par rapport aux idées des races et de Rabelais on reste néanmoins dans un cadre relativement aristocratique il s'agit bien d'élever un enfant de bonne noblesse dans cet essai Montaigne développe ses idées sur l'éducation et apportent une contribution importante à l'histoire des idées éducatives en prenant cette distance avec les œuvres éducatives d'humaniste comme Érasme érable dans ce texte Montaigne donne ses propres opinions et il les donne je cite pour ce qui est en ma créance non pour ce qui est à croire il cherche en écrivant à ce digue à se découvrir lui-même et laisser s'ouvre sur la mise en avant de l'insuffisance personnelle de mon tail Montaigne qui dit n'avoir qu'une vague teinture de science et être donc plus ignorant que n'importe quel écolier Montaigne dans l'ouverture de l'essai fait état de son insuffisance même s'agissant des choses qu'il maîtrisent le mieux ce qu'il appelle son gibier à savoir l'histoire et la poésie Montaigne insiste donc dans cet essai dès l'ouverture de son essai il insiste d'emblée dès l'ouverture de son essai sur le fait qu'il ne va présenter que ses propres vues sur l'éducation je cite ce ne sont ici que rêveries d'hommes qui n'a goûté des sciences que la croûte première je n'ai point l'autorité d'être cru ni ne le désir ne s'entend trop mal instruit pour instruire autrui ce thème de l'essai personnel de Montaigne est suivi d'une transition vers le thème principal de laisser un 26 quel est ce thème principal et bien le thème principal du thème du texte et le suivant quelqu'un qui avait lu l'article qui avait lu l'article précédent mais c'est 1-25 en l'occurrence Diane de foin pensait que Montaigne s'y entendait dans l'institution ou dans l'éducation des enfants et lui demande donc des informations sur son point de vue sur cette éducation à cette question Montaigne répond immédiatement que non il répond par là par la négative il ne s'y connaît pas spécialement en matière d'éducation d'autant que l'éducation est à ses yeux je cite la plus grande difficulté et importante de l'humanité on ne sait pas quels vont être les effets de cette éducation parce qu'on ne s'est jamais ceux qui sort de quoi en matière d'éducation et là dès l'ouverture de cet essai en 26 vous le voyez dès qu'on en arrive au thème principal on assiste d'emblée un déplacement important par rapport aux idées d'Érasme et avant lui de Cicéron en matière d'éducation chez ces deux auteurs et en particulier chez Érasme régnait une certaine atmosphère d'évidence pour Érasme une bonne âme bien cultivée portera nécessairement de beaux fruits et cette culture de l'âme doit être intensive par des exercices rhétoriques par la mise au contact des grands textes de de l'Antiquité au moyen d'une méthode ludique pour Montaigne les choses apparaissent d'emblée nettement plus compliquées je cite tout ainsi qu'on l'agriculture les façons qui vont avant le planter sont certaine et aisés et le planter même mais depuis que ce qui est planté vient à prendre vie à l'élever il y a une il y a une grande variété de façon et difficulté l'éducation n'est plus conçue par Montaigne comme une opération absolue comme c'était le cas chez Erasme mais elle est pensée par montagne comme une difficulté un problème pourquoi parce que précisément on ne sait pas comment s'assurer on n'est jamais assuré que ce qu'on fait est vraiment profitable pour Montaigne on n'est jamais assuré de l'effet de l'éducation car on ne sait jamais comment les caractères vont tourner d'ailleurs dans son texte Montaigne fait allusion à une montre obscure je cite une montre obscure il ne s'agit pas de la montre qui donne l'heure il s'agit de ce que l'enfant renvoie à aux personnes qui l'entourent montagne fait allusion à une montre obscure il écrit je cite la montre de leurs inclinations donc de désinclinations des enfants la montre de leurs inclinations et s'y tendre en ce passage en se basage et si obscur les promesses si incertaines et fausses qu'il est malaisé d'y établir aucun solide jugement qu'est-ce que va donner un enfant c'est extrêmement difficile de le savoir pour monter quand on voit un enfant on a beaucoup de mal à savoir ce qu'il saura ce qu'il sera et ce qu'il saura plus tard Montaigne met en est ainsi en avant dès le début de l'essai un premier thème sceptique on ne sait pas précisément comment les caractères tournent ni ceci ce qui fait effet en matière d'éducation mais ce thème sceptique il est contrebalancé tout de suite après par Montaigne lui-même qui dit je cite toutefois dans cette difficulté mon opinion est de les acheminer d'acheminer les enfants toujours au meilleur chose et plus profitable et de ne pas trop donner au divinations en gros on ne sait pas comment les caractères vont tourner on ne sait pas précisément ce qui fait effet en matière d'éducation pour autant explique mon thème il convient dans cette difficulté de veiller à enseigner aux enfants les choses les meilleures et les plus profitables et de ne pas trop se soucier justement de cette idée il faut passer outre cette difficulté que sont pour Montaigne ces choses les meilleurs et les plus profitables ce sont la poésie et l'histoire mais dans cet apprentissage dans cet apprentissage des choses les meilleures et les plus profitables Montaigne insiste immédiatement sur la nécessité de s'adresser au jugement pour que le sujet en deviennent je cite meilleur et plus sage montagne écrit le gain de notre étude c'est en être devenu meilleur et plus sage il formule là encore une critique importante à l'égard de l'éducation humaniste qui ne s'adresse selon lui qu'à la mémoire il reprend là un certain nombre de thèmes qu'il avait développé dans l'essai 1,25 Montaigne affirme en effet je cite on ne cesse de criailler à nos oreilles comme qui verserait dans un entonnoir et notre charge ce n'est que redire ce qu'on nous a dit les sentences de Cicéron ou les formules de Cicéron si vous préférez on nous les plaques en la mémoire tout en peiné comme des oracles ou les lettres et les syllabes sont la substance même de la chose mais savoir par cœur n'est pas savoir c'est tenir ce qu'on a donné en garde à sa mémoire notre entendement qui a profite tout qui dispose tout qui agit qui domine et qui règne nous le rendons servis les croire pour ne lui laisser la liberté de rien faire de soi et un peu plus bas on trouve on veut instruire notre ententement sans les branler comme si on nous apprenait à manier un cheval ou une pique ou un lutte ou la voix sans mouiller sans nous y exercer à l'inverse de cette méthode il s'agit donc pour Montaigne de former le jugement de proposer une éducation qui vise à former ce jugement et pour former ce jugement que convient-il de faire et bien il convient dès le départ pour Montaigne de recourir à une méthode d'éducation active une méthode active pardon en effet pour Montaigne le précepteur qu'il appelle un conducteur doit dès le départ dialoguer avec son essai son élève c'est le premier moyen de former le jugement de l'élève je cite un passage du texte je voudrais qu'il le conducteur corrigea cette partie qu'il corrigea les méthodes d'enseignement antérieur je voudrais qu'il le conducteur corrigea cette partie et que de belles arrivées dès le départ selon la portée de l'âme qu'il a en main il commença à la mettre sur la montre lui faisant goûter les choses les choisir et les discerner d'elles-mêmes quelques fois lui ouvrant le chemin quelquefois le lui laissant ouvrir je ne veux pas qu'il invente et par le seul je ne veux pas que le conducteur invente et par le seul je veux qu'il écoute son disciple parler à son tour c'est là pour Montaigne le premier moyen de former le jugement de l'enfant cette méthode active est la première condition pour entraîner le jugement de l'élève le précepteur ne doit pas parler seul mais il doit écouter son disciple parler à son tour comme le faisait jadis Socrate ou artisanas il doit le précepteur doit faire trotter son élève devant lui pour juger de son train pour voir comment il pense comment quelles sont ses idées et jugées jusqu'à quel point il doit s'accommoder à sa force faire en sorte de se mettre à son niveau si vous préférez pour Montaigne sans ce cette première sans ce premier essai du jugement sans cette première méthode active rien n'est possible à faute de cette proportion explique-t-il nous battons tout donc c'est la première point important il ne s'agit pas tant pour le précepteur d'apprendre à son élève les histoires ou les textes de l'Antiquité qu'à juger de ces textes le précepteur doit apprendre à son élève à juger des histoires des textes des connaissances qu'il soumet à son élève pour ce faire il faut selon Montaigne que le conducteur demande à l'élève de reformuler les choses qu'il vient d'apprendre je cite qu'il ne lui fasse mettre en sans visage et accommoder à autant de divers sujets pour voir si là encore bien pris et bien fait signe autre passage qu'il ne loge rien dans sa tête par simple rite autorité et crédit qu'on lui propose cette diversité de jugement il choisira s'il peut sinon il demeurera en doute pour Montaigne pour former le jugement le conducteur doit donc dans un premier temps veiller à proportionner son discours écouter son élève et adapter son discours au niveau de l'élève il doit lui présenter des connaissances des histoires des textes sans imposer il doit autoriser le doute et demander à l'élève la substance de la leçon afin de s'assurer que cet élève s'approprie ce qu'il a compris l'objectif pour Montaigne est ainsi de faire en sorte que l'élève construisent progressivement son jugement à partir des pièces qu'il va emprunter à d'autres personnes à d'autres auteurs en dialoguant avec les pensées d'auteurs de l'Antiquité on trouve ici et c'est ce qu'on voit à d'autres endroits dans le texte on trouve ici une très forte corrélation entre ce que Montaigne cherche à faire pour lui-même et pour son public dans ses Essais où il essaye d'essayer sa pensée justement et ce qu'il conseille qu'on fasse faire à l'enfant à cet égard ce n'est pas pour rien que Montaigne commence par parler de lui au début de cet essai à 26 laisser un 26 oppose en plusieurs endroits l'éducation libérale reçu par Montaigne chez son père et l'APRE est stupide discipline des collèges dont Montaigne a fait l'expérience au collège de Guyenne à Bordeaux à travers cela à travers cette critique à cette comparaison le fait est que ce que conseille Montaigne en tant que forme d'éducation c'est exactement ce qu'il cherche à poursuivre lui-même à travers ses essais son œuvre en général l'éducation dit-il doit être formatrice du jugement et des mœurs ce qui mérite d'être souligné ici dans cette construction du jugement c'est la corrélation et l'analogie que fait Montaigne entre le commerce ce qu'il appelle le commerce du des hommes et le commerce des livres cette analogie elle est marquée par une image l'image du commerce du livre du monde je vous cite un passage Montaigne affirme en effet je cite ce grand monde c'est le miroir où il nous faut regarder pour nous connaître de bonbons somme je veux que ce soit le livre de mon école tant d'humeur de secte de jugement d'opinion de loi et de coutume nous apprennent à juger sainement des nôtres et après notre jugement à reconnaître son imperfection et sa naturelle faiblesse ce qui n'est pas un léger apprentissage dans cette analogie Montaigne tant à présenter le monde comme un livre dans lequel on trouve toutes sortes d'opinions auxquelles il s'agit de confronter l'élève de ce point de vue le commerce du monde c'est d'un côté tout ce qui se présente aux yeux de l'élève le commerce du monde c'est le commerce des hommes c'est la visite des pays étrangers pour en rapporter les humeurs et leur façon de penser et pour frotter et limer notre cervelle contre celle d'autrui comme il y a un système Montaigne il s'agit pour Montaigne de demander à l'enfant de regarder comment et pourquoi chaque chose se fait et d'être un spectateur de la vie des hommes pour en juger et pour régler sa propre vie son propre jugement ce commerce des hommes c'est pour Montaigne une école de souplesse de l'esprit mais pas uniquement de l'esprit indépendamment du corps il s'agit bien de former l'esprit en général et cette formation de l'esprit uit une dimension physique il doit bien être entendu qu'il s'agit d'une éducation en plein air c'est-à-dire en liberté bien loin de la prison que représente pour Montaigne les collèges humanistes de l'époque le commerce des hommes pour Montaigne implique un exercice effectif qui n'est pas seulement un exercice de l'âme ou de la pensée si vous voulez il y a aussi toute une strate d'éducation physique pour Montaigne il faut que l'éducation s'adresse au corps autant qu'à l'âme le corps est encore souple on doit le plier à toutes sortes de coutumes montagne écrit accoutumez-le à tout il s'agit de d'habituer l'enfant à tout y compris à des régimes qui peuvent paraître sévères donc pour Montaigne le commerce des hommes implique nécessairement une dimension d'exercice physique mais ce n'est pas tout pour Montaigne les bons livres et en particulier ceux des auteurs anciens ceux des auteurs de l'Antiquité font partie de ce commerce des hommes Montaigne insiste sur ce point il écrit je cite en cette pratique des hommes j'entends y comprendre et principalement ceux qui ne vivent que dans la mémoire des livres l'élève pratiquera par ce moyen ces grandes âmes des meilleurs siècles ce sera je cite une étude de fruits inestimable s'il y a pour Montaigne un auteur dans lequel on doit apprendre à commercer avec les hommes c'est en particulier plus tard et son texte un texte important la vie des hommes illustres de plus tard que les Vies parallèles de plus tard dans lequel plus tard met en comparaison la vie de deux personnages illustrent et on cherche à montrer les différences entre les deux et à faire réfléchir le lecteur pour Montaigne l'élève ainsi éduqué ne se paiera pas de mots il ira au point et restera fidèle à la vérité la fin de l'essai accorde ainsi une large place à une critique de l'éducation rhétorique et à un éloge de la philosophie au travers notamment d'une présentation de l'éducation que le père de lui a donné à cet égard Montaigne reste un humaniste il montre que les langues les langues anciennes en particulier restent indispenses indispensable toutefois cet enseignement des langues ne saurait être conçu comme la grammaire des collèges il s'agit au contraire d'apprendre la langue elle-même telle qu'elle a été enseignée à Montaigne par son père avec cette éducation qui est présentée dans l'essai 1 26 Montaigne entend ainsi former un gentilhomme et non un grammairien un gentilhomme universel qui soit capable de s'accoutumer à tout Montaigne propose ainsi dans ce texte une éducation conçue comme l'école d'un certain scepticisme humanistes ou si vous préférez un humanisme sceptique dans lequel l'expérience la rencontre des différents hommes de l'avarie l'infini variété des hommes des situations des pensées cette expérience cette fréquentation des pensées des hommes etc c'est ce qui va préparer le mieux la distance par rapport à soi et la modération c'est ce qui va permettre à l'individu de former son jugement de se rendre compte des limites de son propre jugement et donc qui va lui permettre de construire une certaine distance d'avoir progressivement une certaine distance par rapport à lui-même et avec cette distance par rapport à lui-même à son propre jugement et bien une attitude modérée à l'égard des différentes manières de penser de croire etc cette idée bien évidemment même si ça n'est pas immédiatement présent dans le texte et à mettre en lien avec le contexte dans lequel Montaigne écrit les essais contexte des guerres de religion et l'idée c'est que on voit là une forme de plaidoyer pour la tolérance reconnaître les limites de son propre jugement et accepter que d'autres personnes puissent avoir des points de vue des opinions différentes on insiste ainsi à une évolution importante par rapport aux idéaux éducatifs des humanistes comme Érasme érable en revanche et c'est un point que j'ai déjà souligné on reste encore dans un cadre aristocratique il s'agit bien de former un gentilhomme et non pas un homme tout court dans la formation de ce gentilhomme certains livres notamment ceux des auteurs anciens sont pensés comme le trésor des pensées humaines qu'il faut s'approprier à cet égard Montaigne marque le passage à une forme d'interrogations des idéaux humanistes tout en s'inscrivant encore dans ce cours si vous voulez l'éducation que va proposer un autre auteur Rousseau marque en revanche une rupture et un basculement important puisque pour Rousseau il va s'agir de former un homme en général et ce qui va importer premièrement dans l'éducation de cet homme en général c'est d'abord de sentir et après on pourra juger des livres c'est donc à la Révolution introduite dans la pensée éducative par l'oeuvre de Rousseau que nous allons consacrer la suite de cette séance Jean-Jacques Rousseau est l'un des plus grands auteurs du XVIIIe siècle et un auteur incontournable quand on s'intéresse aux questions d'éducation Rousseau né à Genève en 1712 dans une famille d'artisans il quitte cette ville à l'âge de 16 ans et rencontre à Annecy madame de Varin dont il reçoit une première culture philosophique et dont il deviendra l'amour au début des années 1740 il est précepteur d'élèves à Lyon puis il cherche à se mêler à la vie mondaine parisienne en 1750 il connaît la gloire en remportant le Prix de l'Académie de Dijon avec son premier discours le Discours sur les sciences et lézards qui selon lui corrompent les hommes dans ce premier discours contre la pensée dominante des Lumières à l'époque Rousseau propose une critique de l'idée selon laquelle les sciences et les arts seraient les signes d'un progrès de l'humanité et de la civilisation en 1755 ans plus tard il expose plus nettement sa pensée dans un second discours intitulé Le Discours sur les origines et les fondements de l'inégalité parmi les hommes dans lequel il attaque l'injustice de la société et rejette l'idéologie du progrès Rousseau est également l'auteur d'une oeuvre littéraire importante notamment la Nouvelle Héloïse un roman épistolaire publié en 1761 qui représente une révolution littéraire à l'époque l'année suivante en 1762 Rousseau publie deux textes importants qui ont fait dates le contrat social et l'Émile ou de l'éducation les milles ou de l'éducation de Rousseau qui est le texte qui va nous intéresser dans le cadre de secours les milles est sans doute le plus grand livre sur l'éducation qui est produit l'âge moderne dans ce texte Rousseau met en avant un modèle d'éducation selon la nature conçue dans son opposition à l'éducation artificielle de l'homme social la première phrase du texte la première phrase de l'Émile est à cet égard révélatrice ce livre souvent en effet sur la formule suivante je cite tout est bien sortant des mains de l'auteur des choses tout dégénère entre les mains de l'homme le projet d'éducation des milles complète donc le contrat social dont l'objectif est de fonder la société sur de nouvelles bases loin d'être intéressé à part les milles se rattachent ainsi à l'ensemble de la philosophie rousseauiste et peut-être considéré comme le traité qui couronne le système de Rousseau il s'agit dans ce texte de former un homme en suivant l'ordre de la nature les 1000 de Rousseau est un livre original on peut dire à certains égards unique en son genre en effet il s'agit à la fois d'un traité d'éducation composé de manière très libre et en même temps d'une histoire qui repose sur une île sur une hypothèse inspirée des idées d'un dramaturge important qui s'appelle Marivaux en particulier Marivaux avait écrit en 1744 un texte une pièce de théâtre que je vous invite à lire si vous avez l'occasion de le faire qui s'intitule La Dispute dans lequel dans cette pièce de théâtre dans laquelle on fait élever trois couples d'enfants dans un château au fond d'une forêt en dehors de la civilisation pour déterminer qui de l'homme ou de la femme est à l'origine de l'inconstance en amour l'histoire des milles s'inspire à certains égards de cette hypothèse et raconte l'histoire d'un jeune garçon orphelin s'appelle Émile jeune garçon orphelin qui a qui est doté d'une intelligence moyenne et cet enfant est élevé à la campagne en dehors à l'écart de la société et il est élevé par un gouverneur une sorte de de précepteur d'éducateurs qui au moyen d'expérience de travaux et de réflexion qui ne va proposer à Émile et bien ce conducteur va permettre à Émile de développer ses facultés physiques intellectuelle et morale Émile va devenir un homme robuste sage habile et il va rencontrer dans ce texte Sophie une jeune fille qui va être élevée de de manière semblable selon les principes qui conviennent selon Rousseau au sexe féminin et émis des Sophie se marieront auront un enfant et vivront heureux voilà le cadre général de de ce texte l'histoire de ce texte et l'Émile de Rousseau est construit ou se compose de 5 livres qui c'est une oreille une des originalités de Rousseau qui suivent le régime de développement des capacités de l'enfant et le type d'objet que cet enfant Émile est capable d'appréhender à chaque âge le premier livre Le Livre 1 de l'Émile de Rousseau est consacré à la toute petite enfance au nourrisson et l'idée pour Rousseau c'est qu'il s'agit d'empêcher je cite les préjugés l'autorité la nécessité l'exemple toutes les institutions sociales il s'agit d'empêcher toutes les institutions sociales d'étouffer la nature de l'enfant pour Rousseau la véritable nourrice et la mer et le véritable précepteur le père et dans ce premier livre Rousseau présente également son élève Émile son élève imaginaire Émile qui est conduit par un gouverneur le livre 2 évoque l'éducation qui est proposée à cette Émile entre l'âge de 2 et 12 ans le livre 3 quant à lui est consacré au type d'éducation qui est proposé à Émile entre 12 et 15 ans le livre 4 porte sur l'âge de raison et des passions ce qu'on appellerait aujourd'hui l'adolescence de 15 à 20 ans et dans ce texte on trouve un passage très célèbre un exposé très célèbre de Rousseau sur la religion naturelle qui s'intitule la profession de foi du vicaire savoyard dans lequel dans ce cette exposé Rousseau développe ses idées sur la religion naturelle et c'est ce qui causera en grande partie le fait que l'ouvrage de Rousseau sera brûlé on place de Grève peu après ça parution et enfin le cinquième livre est consacré à l'âge de sagesse et du mariage de 20 à 25 ans et ce livre inclure long développement sur l'éducation féminine au travers de la figure de Sophie celle qui deviendra la femme de l'épouse des milles et Rousseau il développe ses idées sur l'éducation des filles qui à l'époque constitue enfin ont choquait les contemporains et qui aujourd'hui a posteriori nous apparaît comme extrêmement conventionnel je vous ai mis une citation sur la diapositive Rousseau écrit dans ce dans le début du livre 5 toutes l'éducation des femmes doit être relative aux hommes leur plaire leur être utile se faire aimer et honorer d'eux les élever jeunes les soigner grands les conseillers les consoler leur rendre la vie agréable et douce voilà les devoirs des femmes dans tous les temps et qu'on doit leur apprendre dès l'enfance vous voyez des idées qui aujourd'hui nous un peu dépassé point essentiel l'éducation rousseauiste le traité les milles qui développe l'éducation rousseauiste marque une rupture et une opposition très nette par rapport à l'éducation humaniste avec l'oeuvre de Rousseau on assiste en effet à la construction d'une anthropologie moderne dans laquelle l'homme est essentiellement pensé comme liberté cette conception résolument moderne de l'homme et notamment exprimé dans le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes de 1755 et cette conception a une incidence considérable sur la vision de l'enfance et de l'éducation que va avoir Rousseau Rousseau est en effet le premier des modernes en matière éducative en ceci qui l'introduit comme l'explique Alain Renaud je cite une révolution dans la manière de se représenter l'enfance et de concevoir la relation éducative à celle-ci dans son Émile Rousseau thématise en effet dans toute leur radicalité les idées d'une éducation qui respecteraient le régime propre de développement de l'enfant et également l'idée d'une autorité pédagogique tu t'énerves non d'un être d'un éducateur d'une autorité pédagogique tutélaire dont l'influence ne se ne se ferait pas sentir et qui permettrait de je cite une formule de Rousseau sur laquelle on aura l'occasion de revenir de laisser mûrir l'enfance dans les enfants c'est un Rousseau que l'on doit l'idée il existe dans l'enfant comme il a existé dans l'histoire de l'homme un ordre de développement des facultés qui va avec le développement des passions et de la raison et que cet ordre ne doit pas être transgressé par l'éducation dans le cadre de ce cours bien évidemment nous n'allons pas analyser l'ensemble de l'oeuvre de l'Émile de Rousseau cela consisterait un cours à part entière mais on va s'arrêter sur quatre points essentiels pour souligner le tournant que constitue l'oeuvre de Rousseau dans l'histoire des idées éducatives ces quatre points importants qui sont liés nous allons les examiner successivement tout d'abord la volonté chez Rousseau de former un homme en général en récusant toutes vocation sociale déterminée la volonté de former un homme en récusant toute vocation sociale déterminées deuxièmement la critique provocatrice de Rousseau à l'égard de l'usage des livres qui marque là encore la distance qui existe entre les idées des premiers humanistes et encore même de Montaigne et celle de Rousseau entre la distance entre les idées de Rousseau et celles des humanistes que son eras mes Rabelais et même Montaigne troisièmement l'insistance sur l'importance du respect de l'ordre du développement des facultés humaines l'insistance sur l'importance du respect de l'ordre du développement des facultés eux-mêmes et enfin le nouveau rôle donné par Rousseau au gouverneur à l'éducateur qui n'est absolument plus un précepteur comme c'était le cas auparavant les 1000 de Rousseau marque ainsi si l'on suit l'analyse qu'on propose Alain Renaud je cite le point de départ d'une nouvelle crise de la relation familiale et éducative à l'enfance c'est-à-dire qu'elle marque un tournant cet ouvrage marquin tournant dans la manière de concevoir l'éducation le premier tournant ça avait été précisément l'humanisme éducatif de la Renaissance et l'Émile de Rousseau marque une rupture un basculement par rapport à cette première perspective alors Renault dans son texte explique que ce qui fonde je cite ce qu'ils font d'ultimement la perspective adoptée par Rousseau sur l'enfance et sur l'éducation en même temps que ce qui domine sa tentative pour transformer les lumières se trouve tout entier compris dans sa redéfinition de l'humanité de l'homme en termes de perfectibilité et de liberté et en effet Rousseau dès le début de son texte dès le début dès les premières pages du livre 1 de l'Émile Rousseau pose en principe une révocation du lien avec l'aristocratie on trouve chez Rousseau dans le texte de Rousseau la volonté de former un homme en récusant toutes vos questions sociales déterminées à la différence des écrits antérieurs sur qui s'inscrivent comme on l'a vu chez eras chez Rabelais et chez Montaigne dans un cadre plus aristocratique qui vise essentiellement l'éducation d'un gentillon ou des enfants de bonne famille Rousseau quant à lui posant principe une révocation du lien avec l'aristocratie et cela apparaît tout particulièrement dans les premières pages du livre 1 de l'Émile dans lequel dans lequel Rousseau insiste sur la nécessité de former un homme tout court il s'agit pour lui de former un homme tout court ici donc l'universalité change de sens vous vous en souvenez dans les textes du début de l'âge classique et de la fin de la Renaissance par exemple chez Mountain l'idée qu'il convient de former l'idée que l'on trouve c'est l'idée qu'il convient de former un gentilhomme universel c'est-à-dire un gentilhomme qui soit ouvert à tout qui s'intéresse à tout qui réagissent à toutes les circonstances et qui puisse éventuellement tout supporter supporter tous les revers du fort de fortune d'une amégal en même temps que supporter la bonne fortune l'universalité est donc l'universalité d'un gentilhomme capable de s'accoutumer à tout l'homme de Rousseau n'est pas seulement universel par l'ensemble de ces dispositions par l'intérêt qu'il pourrait avoir pour toute chose par le maximum de sympathie envers les autres ou par la capacité de supporter toutes les vicissitudes de la fortune non il est capable d'occuper toutes les places il est capable d'occuper toutes les places dans la société c'est ce qui ressort des formules de Rousseau dans ce début du livre 1 je cite dans l'ordre naturel les hommes étant égaux leur vocation commune et l'état d'homme et quiconque est bien élevé pour celui-là donc quiconque est bien élevé pour l'état d'homme ne peut mal remplir ce qui s'y rapportent qu'on destine mon élève à l'épée à l'église au barreau peu m'importe avant la vocation des parents la nature l'appel à la vie humaine vivre et le métier que je veux lui apprendre en sortant de mes mains il ne sera j'en conviens ni magistrat ni soldats ni prêtre il sera premièrement homme tout ce qu'un homme doit être il saura l'être au besoin tout aussi bien que qui que ce soit et la fortune aura beau le faire changer de place il sera toujours à la sienne notre véritable étude et celle de la condition humaine celui d'entre nous qui sait le mieux supporter les biens et les mots de cette vie est à mon gré le mieux élevé d'où il suit que la véritable éducation consiste moins en préceptes qu'en exercice c'est insistance de Rousseau est lié à son idée de perfectibilité notion qui sera dans la suite de l'histoire des idées comme nous le verrons dans la suite de notre cours cette notion de perte faible de perfectibilité sera fondamentale dans la Perse dans la pensée des révolutionnaires français par la suite et dans la pensée éducative plus largement cette notion de perfectibilité cette notion de perfectibilité et développé par Rousseau dans son second discours intitulé Le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes de 1755 dans lequel il explique que l'homme à la différence de l'animal qui est dirigée par l'instinct l'homme a une capacité infinie de se perfectionner l'homme est pensé par Rousseau comme n’étant jamais limité par la nature jamais limitée par l'instinct et par conséquent et par conséquent il a la faculté de se perfectionner selon Rousseau les hommes peuvent devenir géniaux ou imbéciles parce que rien dans leur nature ne les attache définitivement à une définition c'est absolument fondamental puisqu'on assiste là à la construction d'une anthropologie moderne dans laquelle l'homme est essentiellement pensé comme liberté la perfectibilité je vous donne une citation que vous trouvez sur la diapositive de ce qu'est la perfectivité dans le second discours sur l'origine et les fondement de l'égalité parmi les hommes la perfectibilité et la faculté qui allaite des circonstances développent successivement toutes les autres et réside parmi nous tant dans l'espèce que dans l'individu au lieu qu'un animal est au bout de quelques mois ce qu'il sera toute sa vie et son espèce au bout de 1000 ans ce qu'elle était la première année de ses murs on assiste donc à la construction d'une anthropologie moderne dans laquelle l'homme est pensé comme liberté et c'est précisément pour autant qu'il s'agit de se faire à tout et d'expérimenter toutes les places que l'éducation dont il s'agit ne peut pas être une éducation verbale au moins dans ses premiers degrés pour Rousseau une éducation qui serait fondée sur les leçons et sur l'usage des livres notamment dans les premiers temps mais très l'enfant au contact de choses ou de contenu que son état de développement interne ne lui permettrait pas d'assimiler c'est pourquoi Rousseau affirme de manière provocatrice dans le livre 2 de l'énile je cite c'est la citation que vous trouvez sur la diapositive en notant tous les devoirs des enfants j'ôte les instruments de leur plus grande misère savoir les livres la lecture et le fléau de l'enfance est presque la seule occupation qu'on sait lui donner à peine à 12 ans Émile sera-t-il ce que c'est qu'un livre vers le milieu du livre 3 on trouve une formule semblable dans sa dans la critique provocatrice des livres de l'usage des livres dans l'éducation Rousseau écrit je hais les livres il n'apprennent qu'à parler de ce qu'on ne sait pas en effet pour Rousseau l'éducation qui convient à l'enfance pour la période de l'enfance qui va de deux ou trois ans à 12 ans c'est une éducation sans livre et sans leçon comme l'explique Rousseau la première éducation des milles doit être purement négative je cite elle consiste non point à enseigner la vertu ni la vérité mais à garantir le cœur du vice et l'esprit de l'erreur si vous pouviez ne rien faire et ne rien laisser faire si vous pouviez amener votre élève sain et robuste à l'âge de 12 ans sans qu'il se distinguer sa main droite de sa main gauche dès vos premières leçons les yeux de son entendement s'ouvriraient à la raison sans préjugés sans habitude il n'aurait rien en lui qui peut contrarier l'effet de vos soins bientôt il deviendrait entre vos mains le plus sage des hommes et en commençant par ne rien faire vous auriez fait un prodige d'éducation et vous voyez que là Rousseau en expliquant qu'il s'agit pour lui de proposer une première éducation purement négative Rousseau se détache de ce qu'il appelle une éducation positive dans une lettre qu'il écrit à Christophe de Beaumont Rousseau précise un peu les choses précises ce qu'il entend par éducation positive je cite j'appelle l'éducation positive celle qui tend à former l'esprit avant l'âge et a donné à l'enfant la connaissance des devoirs des hommes j'appelle éducation négative celle qui tend à perfectionner les organes instrument de nos connaissances avant de nous donner ses connaissances et qui prépare à la raison par l'exercice des sens à cet égard on trouve dans le livre 2 de l'Émile un célèbre morceau un célèbre passage sur les Fables de La Fontaine et en particulier sur la fable Le Corbeau et le renard vous trouverez ce passage reproduit dans votre fascicule de travaux dirigés il s'agit d'un passage où Rousseau prend ce qui était déjà l'usage c'est-à-dire de faire apprendre aux enfants ses fables et il s'attache à montrer ce qu'il y a d'absolument inintelligible pour l'enfant dans ce poème c'est un passage important et et marquant puisque dans ce passage Rousseau relève toutes les obscurités de la fable il les pointe du doigt il pointe la difficulté de les expliquer à l'enfant avec la morale de la fable qui est d'ailleurs à ces incertaine pour Rousseau le système d'éducation établi vise à donner aux enfants des notions de choses dont le développement naturel de leur faculté ne permet pas qu'il les acquiert notamment les notions de morale c'est-à-dire particulièrement les notions de justice et d'injustice qui selon Rousseau ne peuvent être réellement acquises que quand l'enfant a acquis ou développé la capacité de sortir de son propre point de vue de son point de vue propre qu'à partir du moment où l'enfant a acquis la capacité de raisonner en général sur les relations entre les hommes et pour cela pour Rousseau il faut attendre un moment assez tardif il faut attendre la fin de l'enfance l'adolescence à proprement parler il faut attendre le moment où le Feu de l'Amour qui commence à germer dans le cœur en rapport avec les transformations du corps lui-même ce moment à ce moment l'enfant apprend qu'il n'est pas seul qu'il est fait pour être avec d'autres et il commence à s'intéresser pour de bons à autrui et il développe le sentiment de pitié à partir duquel selon Rousseau on commence à s'intéresser à ce qui arrive à autrui mais avant cela pour Rousseau l'enfant est un être à moitié insensible il perçoit bien les choses qui arrivent à autrui il peut sentir quand on lui fait du mal ou du bien il peut dans une certaine mesure percevoir quand on fait du bien ou du mal aux personnes qui l'entourent mais tout cela ne se fixe pas réellement dans son esprit quand Rousseau parle d'insensibilité de l'enfant ce n'est pas pour dire que l'enfant ne perçoit rien du tout d'une souffrance quelconque en dehors de la sienne propre mais c'est que c'est une impression qui passe cela ne se fixe pas aucune leçon n'en est tirée dans son esprit il y a l'idée chez lui qu'il faut attendre l'âge de 15 ans pour que c'est pour que l'enfant puisse accueillir acquérir véritablement des notions de morale jusque là avant il est totalement inutile de vouloir inculquer aux enfants une vraie connaissance de l'homme pour Rousseau jusqu'à 15 ans on doit s'occuper de la on doit s'attacher à s'occuper à la connaissance de la nature et d'abord sur le plan très sensitif entre 12 et 15 ans il y a bien une place qui est de relative une plage qui est de relative tranquillité dans la vie de l'enfant théoriquement et qui peut être consacré à l'acquisition des sciences la géométrie des sciences de la nature l'astronomie mais l'objet de la première éducation doit être purement négative c'est à dire qu'elle doit exclure toute forme de leçons la première éducation a pour objet dans les milles ce que Rousseau appelle l'acquisition de la raison sensible sensitive ou puérile et dont il faut et qu'il faut distinguer de la raison intellectuelle ou humaine qui ne s'acquèrent que par la suite la raison sensitive ou puérile c'est cette sorte de raison qui permet à l'enfant de s'orienter dans le monde physique c'est explique Rousseau une sorte de physique expérimentale qui lui est utile pour assurer sa propre conservation dans tout ce que l'enfant a à apprendre dans le premier âge ce sont essentiellement les propriétés physiques des choses autour de lui et c'est l'usage même de son de ses sens et de son corps en général qu'il s'agit de travailler après le moment où cette raison sensitive ou puérile est censée être acquise c'est-à-dire à l'âge de 12 ans alors on peut passer à des objets plus sophistiqués et c'est pour cela Kemil à partir de cet âge de 12 ans commence à étudier un certain nombre de sciences qui participent déjà de l'acquisition de la raison intellectuelle et c'est seulement après l'âge de 15 ans qu'il étudiera le monde et les hommes et qu'il ça donnera à l'étude de la métaphysique et c'est dans ce cadre que vous soit présente le nombre exposé sur la religion naturelle la profession de foi du vicaire savoyard à cet égard et c'est un point important il ne faut pas exagérer l'anti-intellectualisme de Rousseau il est clair dans l'oeuvre de Rousseau qu'à partir d'un certain moment il faudra en venir à la pratique des livres il est clair qu'il faudra en venir à la pratique des livres et il y a un livre qui va jouer un rôle central dans l'oeuvre de Rousseau c'est le Robinson Crusoé de Daniel default Robinson Crusoé qui servira à l'éducation des milles sur cette question des livres chez Rousseau je vous invite je vous invite à consulter le chapitre 7 Rousseau et le temps des livres de l'ouvrage de Denis cambouchner l'école question philosophique dans lequel denischer revient en détail sur la place que Rousseau accorde au livre dans dans son traité d'éducation le fait est le point important c'est qu'à partir d'un certain moment Émile aura la pratique des livres et il faudra lui choisir ses lectures mais en tout cas rien ne peut lui être imposé comme une chose à apprendre et là on voit bien toute la différence qu'il y a entre ce que propose le type d'éducation que propose Rousseau et les éducations antérieures on le voit il s'agit pour Rousseau de suivre dans l'éducation l'ordre du développement des facultés humaines et c'est là un des principes fondamentaux de l'éducation au soliste qui sera repris par de nombreux éducateurs par la suite et notamment par les psychologues de l'enfant et les théories les théoriciens de l'éducation nouvelle l'idée que l'enfant au cours de son développement traverse une série de stades et que il faut lui proposer des contenus qui soit adaptés à chacun de ces stades et ses capacités mentales et physique et cela nous amène à au troisième point important c'est l'insistance dans l'œuvre de Rousseau sur l'importance du respect de l'ordre du développement des facultés humaines au début de l'Émile Rousseau explique que l'éducation en général se rapporte à trois sources différentes il existe trois éducations pour Rousseau l'éducation de la nature l'éducation des choses et l'éducation des hommes je cite le passage que vous trouvez reproduit sur votre diapositive tout ce que nous n'avons pas à notre naissance et dont nous avons besoin est en grand nous est donné par l'éducation cette éducation nous vient ou de la nature ou des choses ou des hommes le développement interne de nos facultés et de nos organes et l'éducation de la nature l'usage qu'on nous apprend à faire de ce développement et l'éducation des hommes et l'acquis de notre propre expérience sur les objets qui nous affectent et l'éducation des choses l'éducation de la nature c'est le développement interne de nos facultés et de nos organes c'est la croissance elle-même l'usage qu'on nous apprend à faire de ce développement de nos facultés de nos organes c'est l'éducation des hommes l'éducation des choses quant à elle et cette expérience que l'on fait des objets des circonstances externes expérience qui contribue elle-même au développement de nos facultés l'éducation des hommes c'est une certaine action qui s'exerce également sur notre développement mais dans un sens qu'on peut imaginer plus ambigu que s'agissant des choses elles-mêmes point important chez Rousseau l'éducation des choses et penser comme étant toujours bonne par l'expérience des choses que nous faisons nous ne sortons pas vraiment de l'ordre de la nature il arrive que les choses nous mettent en danger c'est à dire que les éléments du monde physique nous mettons danger mais si nous en réchappons d'une certaine manière nous en devenons plus fort et plus instruit seul l'éducation des hommes dans la perspective de Rousseau peut contrarier la nature tout le problème de l'éducation pour Rousseau consiste alors à mettre l'éducation des hommes c'est-à-dire l'éducation qui est procurée par les hommes en harmonie avec l'éducation de la nature et son dynamisme propre et avec l'expérience des choses ce passage se trouve au tout début de l'Émile et Émile et Rousseau de ces trois de ces trois éducations différentes celle de la nature ne dépend point de nous celle des choses n'en dépend qu'à certains égards celle des hommes est la seule dont nous soyons vraiment les maîtres encore ne le sommes nous que par supposition car en effet pour Rousseau c'est par une vue abstraite que nous nous figurons maîtriser cette éducation car qui est-ce qui peut espérer de diriger entièrement les discours et les actions de tous ceux qui environnent un enfant là on retrouve chez Rousseau une thématique qu'on avait déjà vu chez Montaigne à savoir que pour Rousseau l'éducation enfin Rousseau est extrêmement conscient de la difficulté de l'éducation l'éducation est une entreprise extrêmement complexe car personne ne peut contrôler complètement ce processus l'environnement de l'enfant ne dépend de personne en particulier donc si tôt que l'on considère l'éducation comme un art qui dépend des hommes il est presque impossible qu'elle réussisse puisque en toute rigueur personne ne maîtrise l'ensemble des circonstances les conditions externes qui font que l'éducation réussir pour Rousseau tout ce qu'on peut faire à force de soins c'est d'approcher plus ou moins du but mais explique Rousseau il faut du bonheur pour l'atteindre on le voit ce qui est important de retenir ici c'est que chez Rousseau on a la mise en avant du thème suivant à savoir que l'éducation doit suivre et respecter le régime propre de développement de l'enfant il s'agit pour lui de mettre en harmonie l'éducation des hommes avec l'éducation de la nature et celle des choses et on voit qu'on assiste là un renversement important dans la conception de ce que va être l'enfant la conception de la nature et dans la conception de ce que va être l'enfant en effet c'est un Rousseau qu'on doit l'idée qu'il existe dans l'enfant comme il a existé dans l'histoire de l'homme un ordre de développement des facultés qui va avec le développement des passions et de la raison et que cet ordre ne doit pas être transgressé par l'éducation c'est pourquoi Alain Renaud considère que Rousseau est à l'origine d'une révolution dans la manière de se représenter l'enfance et de concevoir la relation éducative à celle-ci en effet on trouve dans l'oeuvre de Rousseau dans les milles des passages qui tentent à reconnaître la spécificité de l'enfance et la nécessité de respecter ce temps particulier de la vie humaine Rousseau affirme par exemple dans la citation que vous trouvez reproduit que vous trouverez reproduite sur votre diapositive la nature veut que les enfants soient enfants avant que d'être homme si nous voulons pervertir cet ordre nous produirons des fruits précoces qui n'auront ni maturité ni saveur et ne tarderont pas à ce coraux nous aurons de jeunes docteurs et de vieux enfants l'enfance a des manières de voir de penser de sentir qu'ils lui sont propres rien n'est moins sensé que d'y vouloir substituer les nôtres et j'aimerais autant exiger qu'un enfant eu cinq pieds de haut que du jugement à 10 ans en effet à quoi lui servirait la raison à cet âge elle est le frein de la force et l'enfant n'a pas besoin de ce frein en essayant de persuader à vos élèves le devoir de l'obéissance vous joignez à cette pression de prétendue persuasion la force et les menaces ou qui pisés encore pire la flatterie et les promesses en lien avec cette idée on trouve dans le livre 2 à propos de l'apprentissage de l'écriture un autre passage qui illustre cette idée je cite si l'on ne doit rien exiger des enfants par obéissance il s'ensuit qu'ils ne peuvent apprendre que ce dont il sentent l'avantage actuel et présent soit d'agrément soit d'utilité autrement quel motif les porterait à apprendre l'intérêt présent voilà le grand mobile et celui qui mène sûrement et loin on le voit Rousseau insiste sur l'importance de partir de l'intérêt présent de l'enfant pour l'éduquer et pour le guider dans son éducation on trouve un écho direct à cette idée au livre 3 là où il s'agit d'un genre d'acquisition des sciences où on lit notamment ceci je cite rendez votre élève attentif au phénomène de la nature mettez les questions à sa portée et laissez-le les résoudre qu'il ne sache rien parce que vous ne lui avez dit mais parce qu'il l'a compris lui-même qu'ils n'apprenne pas la science qui l'inventent pourquoi toutes ces représentations que ne commencez vous à lui montrer l'objet lui-même donc chez Rousseau il s'agit de conduire l'enfant d'observation particulière en observation particulière et de ne jamais lui donner un exposé scientifique enfin aucun expositionifique aucune leçon de science de fournira un tel processus et on voit là l'idée d'une nouvelle conscience de l'enfance il s'agit de respecter la manière de voir de l'enfant et de laisser mûrir l'enfance dans les enfants et on voit là encore une fois un lien avec la critique que Rousseau fait des fables de l'usage des Fables de La Fontaine dans la première éducation ceci m'amène au quatrième et dernier point qui concerne du coup la nouvelle manière de penser le rôle de l'éducateur par Rousseau le gouverneur de Rousseau ne peut pas être conçu comme un précepteur il n'est pas un précepteur au sens où il n'enseigne pas sa tâche n'est pas d'enseignée il n'a pas pour objectif de dispenser des savoirs il ne dispensent pas des savoirs il guide l'élève en nageant en organisant des situations problématiques dans lesquelles l'enfant va apprendre de lui-même on trouve l'idée chez Rousseau d'une construction par l'enfant de son savoir au travers de situations qui sont organisées par le gouverneur qui n'est pas vous l'aurez compris un précepteur cette idée elle est exprimée dans les miles de Rousseau dans plusieurs passages le premier c'est un passage dans lequel Rousseau explique que son maître son précepteur n'est pas un précepteur au sens premier du terme mais un gouverneur on reste écrire Rousseau j'appelle plutôt gouverneur que précepteur le maître de cette science parce qu'il s'agit moins pour lui d'instruire que de conduire il ne doit point donner de préceptes il doit les faire trouver on le voit la tâche de l'éducateur est singulièrement compliquée chez Rousseau il ne s'agit plus uniquement de transmettre du contenu de transmettre des connaissances à l'élève il s'agit de lui faire trouver au moyen de situations dans lesquelles le gouverneur va organiser l'environnement de l'enfant il s'agit de faire trouver les connaissances faire en sorte que l'enfant trouve par lui-même les connaissances à partir de sa rencontre avec l'environnement on le voit Rousseau on est bien conscient il introduit ici une rupture importante qui exprimée notamment dans la citation que vous trouvez dans la diapositive je cite prenez une route opposée avec votre élève qu'il croit toujours être le maître et que ce soit toujours vous qui le soignez il n'y a point d'assujettissement si parfait que celui qui garde l'apparence de la liberté on capte-t-il ainsi la volonté même le pauvre enfant qui ne sait rien qui ne peut rien qui ne connaît rien n'est-il pas à votre merci de disposez-vous pas par rapport à lui de tout ce qui l'environne n’êtes-vous pas le maître de l'affecter comme il vous plaît ces travaux c'est jeux c'est plaisir c'est peine tout n'est-il pas dans vos mains sans qu'il le sache sans doute il ne doit faire que ce qu'il veut mais il ne doit vouloir que ce que vous voulez qu'il fasse il ne doit pas faire un pas que vous ne l'ayez prévu il ne doit pas ouvrir la bouche que vous ne sachiez ce qu'il va dire on le voit on a affaire ici à l'idée d'une autorité pédagogique ou d'une autorité tutélaire dont l'influence ne se ferait pas sentir dont l'influence n'est jamais sentie par l'enfant et du coup dans l'éducation elle-même on voit apparaître une nouvelle exigence exigence importante que l'éducation même le processus d'éducation lui-même doit être caractérisé par une forme de liberté l'enfant doit être libre laissez libre dans son apprentissage ou du moins doit avoir le sentiment d'être libre dans son apprentissage Rousseau j'insiste là-dessus mais ainsi en avant l'idée selon laquelle le naître doit être une autorité tutélaire dont l'influence n'est jamais sentie par l'enfant son rôle au maître n'est pas de dispenser des connaissances mais d'organiser l'environnement pour permettre à l'enfant d'apprendre par lui-même de l'expérience cette idée encore une fois elle sera vouée à une postérité considérable notamment dans les mouvements d'éducation nouvelle qui vont prétendre centrer l'éducation sur l'enfant sur ses intérêts sur ses intérêts sur ses besoins et sur ses et qui donc vont chercher à accompagner le processus le processus d'apprentissage plutôt qu'à dispenser des savoirs à proprement parler ceci nous amène à la conclusion de cette séance qui était consacrée aux oeuvres de Montaigne aux œuvres éducatives de Montaigne et de Rousseau et nous allons insister plus particulièrement sur l'héritage de Rousseau nous l'avons vu dès l'oeuvre de Montaigne on voit apparaître une forme de distance ou de d'interrogation des idéaux humanistes de la Renaissance et avec l'oeuvre de Rousseau on voit apparaître une véritable rupture un basculement un tournant dans la manière de concevoir l'éducation de concevoir l'enfant et de concevoir la manière dont les adultes doivent se rapporter à l'enfant dans la dans le processus éducatif en effet en concevant l'enfant comme un sujet dont le régime propre de développement doit être respecté Rousseau si l'on suit l'analyse qu'on propose Alain Renaud dans la libération des enfants Rousseau a ainsi ouvert je cite une crise qui ne sait plus refermer ou l'éducation est apparu requérir de la liberté dans son développement même mais également un guidage du processus par l'éducateur la conscience contemporaine reste reste très profondément marqué on reste l'héritière de Rousseau sur ce point comme l'explique à la Renault nous savons encore que nous devons penser l'enfant comme liberté par conséquent comme un sujet au même titre que nous les adultes donc comme un alter ego l'identité qu'il partage avec nous en tant que liberté humaine ne fait plus de doute tel est au reste le principal acquis de l'histoire moderne de l'enfance dont sous ce rapport nous restons les héritiers en mettant en avant l'importance du régime propre l'importance de respecter le régime propre de développement de l'enfant pour que cet enfant se construise pleinement et s'épanouissent Rousseau a ainsi ouvert une nouvelle manière de concevoir le rapport à l'enfant qui auront de manière assez brutale avec la conception qu'on pouvait trouver antérieurement d'une d'un enfant qui serait une patte molle malléable qu'on pourrait former aisément au contraire chez Rousseau il va s'agir de concevoir l'éducation comme le moyen de développer les capacités naturelles de l'enfant et on trouve en germe dans l'oeuvre de Rousseau ainsi des idées qui connaîtront une postérité très importante notamment chez les théoriciens de l'éducation nouvelle mais pas uniquement mais pas uniquement puisque la psychologie de l'éducation si vous prenez par exemple la psychologie de l'éducation développée par Jean Piaget avec la théorie des stades de développement de l'enfant et l'idée qu'il faut trouver pour chacun des stades de développement de l'enfant des matières qui correspondent à ses capacités aux capacités de l'enfant à chacune de ces étapes de son développement et bien on retrouve ici une intuition donc il y a une idée qui avait été posée premièrement par Rousseau qui reste encore aujourd'hui la nôtre
Get free YouTube transcripts with timestamps, translation, and download options.
Transcript content is sourced from YouTube's auto-generated captions or AI transcription. All video content belongs to the original creators. Terms of Service · DMCA Contact